Mon nom est Véronique et j’ai 41 ans.

La première fois que j’ai rencontré Dieu, c’était à 32 ans alors que je vivais une grande et profonde dépression.

Mon histoire, est une partie de l’histoire de Dieu. Je le remercie du plus profond de mon cœur qu’il m’ait laissé la chance de le retrouver.

Quand j’étais enfant, j’ai été victime d’agressions sexuelles par mon grand-père et mon oncle. Cela s’est passé sur plusieurs années. Mon premier souvenir est un souvenir d’agression sexuelle et ça s’est terminé vers l’âge de 10 ans.

J’ai vécu une adolescence assez difficile. La drogue et l’alcool ont pris pas mal de place de l’âge de 12 ans jusqu’à l’âge adulte en plus d’avoir vécue plusieurs autres agressions sexuelles avec différentes personnes dont un viol collectif à l’âge de 18 ans.

Après avoir vécu deux arrêts de travail dû à des dépressions, c’est à l’âge de 30 ans, alors que j’étais en arrêt de travail pour une troisième fois que j’ai décidé de briser le silence en me confiant à une tante. À mon grand étonnement, elle m’a confié qu’elle avait aussi subie des agressions sexuelles par mon grand-père (son beau-père). Suite à mes aveux, elle a décidé de porter plainte à la police pour se libérer de ce fardeau qu’elle portait en elle depuis des années. C’est à ce moment-là que j’ai fait les démarches avec elle, une autre de mes tantes ainsi qu’un de mes oncles afin de dénoncer les agressions sexuelles vécues.

Ce que je croyais qui m’était unique, s’est révélé être une affaire de famille. Mon grand-père avait abusé ses enfants. Pendant l’enquête, je suis retournée au travail pour une période d’un peu moins de deux ans.

Alors que l’enquête a pris fin et que les procédures judicaires ont débutées, j’ai été mise en arrêt de travail pour un état de stress post traumatique avec symptômes dépressifs sévères. C’était en août 2006. C’est là, que tout a commencé à chuter pour moi. Le trou noir comme je l’ai appelé pendant des années était commencé. Plus les procédures judiciaires avançaient et plus je tombais dans cette noirceur. Je n’avais jamais imaginé l’impact que tout ça allait avoir sur ma vie. Mon grand-père et mon oncle avaient raison : « tu vas faire de la peine à tout le monde. Ta mère va souffrir, ta grand-mère va avoir de la peine, ça va briser la famille ». Tout cela était des mensonges, mais c’était des mensonges auxquels je croyais, car on me les avait tellement répéter souvent. « Tout ceci est de ta faute, parce que tu as dit OUI ». Tous ces souvenirs remontaient à la surface. Les idées ont commencées à se brouiller de plus en plus et je ne trouvais plus de raisons valables pour vivre. Les idées suicidaires se bousculaient dans ma tête et je me disais que la vie n’en valait pas la peine. Pendant ce temps, la cour était reportée de mois en mois et plus ça allait, plus je ne voyais pas la porte de sortie. Cette souffrance était tellement énorme et dure à porter. J’essayais de me défaire de ces mensonges et je ne trouvais pas tout l’aide nécessaire pour la calmer.

Je voyais ma psychologue parfois deux fois par semaine. Elle m’encourageait et m’aidait beaucoup. Elle me conseillait d’écrire et de dessiner comment je me sentais. Cela m’aidait à reconnaître ce que je vivais en dedans. Elle m’a aussi référé au CALACS (Centre d’aide et de lutte pour les victimes d’agressions à caractère sexuel) où j’ai fait une thérapie de groupe.

Par le même temps, je subissais de la pression de mon employeur qui voulait me retourner au travail. Je vivais dans la peur constante qu’un jour je devrais retourner au travail dans l’état où je me trouvais. Je faisais des crises de panique, des crises d’angoisse et énormément d’insomnie. Je ne pouvais pratiquement pas sortir de chez-moi tellement j’étais apeurée. J’étais complètement isolée.

Un soir, alors que je ne me sentais pas bien et que je me battais avec les idées suicidaires, j’ai décidé d’ouvrir le Nouveau Testament qu’on avait donné à mon fils lorsque je l’avais fait baptiser et je me suis décidée de lire et de comprendre comment le monde allait finir. C’est ainsi que j’ai ouvert ce livre sur l’Apocalypse. Je me suis dit «  tant qu’à m’enlever la vie, je vais voir comment ça va finir ». Je ne comprenais rien à ce que je lisais, c’était même fou pour moi de lire ça et je me sentais encore plus perdue. Je me suis mise à dessiner comment je me sentais et au bout d’un moment, j’ai réalisé que j’avais dessiné mon suicide. Prise de peur, je me suis mise à nue, je me suis allongée sur le plancher de ma chambre et j’ai prié : « Dieu, si jamais tu existes, mets du monde sur mon chemin, car je ne suis plus capable d’avancer toute seule » je me recroquevillée sur moi-même et j’ai pleuré. 


Quelques semaines après cette soirée, j’ai trouvé une annonce dans le journal de quartier qui parlait d’une vente de manteau de cuir qui allait se tenir pendant quatre jours, du jeudi au dimanche. Je ne sais pas pourquoi, mais cette annonce a attirée mon attention. Je l’ai découpée et je l’ai mise sur mon frigidaire. Le samedi soir, j’ai reçu une invitation de ma belle-mère à l’époque pour aller déjeuner au restaurant avec elle et par la suite aller chez-elle. Comme elle habitait à Mascouche, j’ai répondu oui à son invitation en me disant que j’allais en même temps voir cette vente sur les manteaux de cuir. 

Je me suis présentée à la vente de manteaux de cuir le dimanche matin vers 10h15. C’était dans un local de la Villa des Moulins. Dans la pièce à côté, il y avait un événement mais je ne savais pas ce que c’était. Pendant que je regardais les manteaux, mon copain se promenait d’une salle à l’autre. J’ai finalement acheté un manteau et lorsque fut le temps de partir, mon copain m’a invité à aller voir ce qui se passait dans la salle d’à côté en me disant que ça pourrait peut-être m’intéresser.

J’ai été accueilli par une femme qui semblait très gentille (Cindy). À première vue ça ressemblait d’une célébration de baptême ou de quelque chose comme ça. Elle m’a dit que c’était ouvert à tous et que j’étais la bienvenue. Lorsque je lui ai demandé ce que c’était, elle m’a dit que c’était un endroit où on venait célébrer Dieu. J’ai été très surprise et je me suis souvenue la prière que j’avais faite. J’étais curieuse alors j’ai posé plus de questions sur cet endroit. Son mari (Patrice) est venu me voir à son tour pour me parler de cet endroit et il m’a invité à lire l’évangile de Jean pour mieux comprendre qui était Dieu. Je lui ai dit que je l’avais à la maison dans le Nouveau Testament qu’on avait donné à mon fils, et curieux, il m’a demandé ce que je lisais. Après lui avoir dit que je lisais l’Apocalypse et que je n’y comprenais rien, il m’a quand même encouragé à lire Jean et m’a invité à retourner les voir en me disant que j’étais la bienvenue.

J’ai lu l’évangile de Jean à la maison pendant la semaine, franchement, ça ne me disait pas grand-chose. Je ne comprenais pas bien ce qu’il se passait. De plus, je continuais à lire l’Apocalypse et là non plus je n’y comprenais rien. Je suis retournée à cette place où l’on célébrait Dieu et lorsque je suis arrivée, j’ai encore été bien accueillie. Quelque chose m’impressionnait dans cette place. Il y avait quelque chose dans les yeux des gens qui m’attiraient. Ils semblaient briller contrairement aux miens qui étaient complètement ternis. Je me suis assise dans le fond de la salle et j’ai écouté ce que le pasteur (Patrice) disait. Ils étaient dans une série sur l’Apocalypse. À ce moment-là, j’ai vraiment été saisie! Je lisais ce livre chez-moi et là il était pour en parler! Patrice parlait de l’église de Laodicée qui avait mis Dieu de côté dans leur vie. Ils vivaient comme si Dieu n’existait plus. Patrice disait dans ce message que si les gens de l’église de Laodicée remettaient Dieu au centre de leur vie, Il allait accomplir encore de biens plus grandes choses que maintenant. J’ai été frappé par ce message. C’est comme si Dieu me parlait directement. Si je le mettais au centre de ma vie, Il allait accomplir de grandes choses.  Je trouvais ça vraiment bizarre. Est-ce que Dieu avait vraiment entendu ma prière?

À la fin de la rencontre, Patrice est venu me voir. Il semblait être content que je sois revenue. Il m’a demandé si c’était la première fois que j’allais dans une église évangélique. Dès qu’il a dit cela, mon cœur a commencé à débattre et là je faisais les liens dans ma tête. Ma prière, la vente de manteaux de cuir et l’église! Avant qu’il mentionne le mot église évangélique, je ne savais pas où j’étais. Pour moi les églises étaient comme les églises catholiques. Un bâtiment avec un clocher! Dieu répondait vraiment à ma prière et quand j’ai réalisé tout ça, je me suis effondrée et j’ai commencé à pleurer. Patrice a appelé Anne pour venir l’aider à me relever. J’étais complètement à l’envers. Il m’a demandé si je voulais qu’ils prient pour moi. Je ne savais même pas ce que cela voulait dire, mais j’ai accepté la demande. Ils ont essayé de trouver une place pour prier, mais ils n’en trouvaient pas. Nous sommes donc, allés prier dans le vestiaire! Lui et Anne ont prié pour moi pendant un moment et moi je pleurais ne sachant pas trop une fois encore ce qui se passait, mais je sentais que c’était bon pour moi. Patrice m’a dit par la suite qu’il était convaincu que Dieu avait orchestré tout ça! J’ai resté un moment et par la suite je suis retournée chez-moi.

Au début, je n’allais pas à l’Intersection à chaque semaine, mais chaque fois que j’y retournais, c’est comme si Dieu s’adressait directement à moi. 

J’étais toujours dans mes démarches judiciaires et j’avais beaucoup de défis à relever notamment avec mon employeur qui ne cessait de me harceler pour retourner au travail, même dans l’état où je me trouvais. 

Dieu m’a montré qu’il était présent, qu’Il était vivant et Il m’invitait à le suivre. Un jour, Richard toupin a fait un message à l’Intersection. Ils nous invitaient à suivre Jésus. Je me suis mise à pleurer. Cindy m’a demandé ce qui se passait et je lui ai dit que j’aimerais suivre Jésus, mais que je ne pouvais pas car il fallait que je pardonne à mes agresseurs. Que pour moi, selon les lectures que je faisais, suivre Jésus impliquait que je pardonne mes ennemis et je n’étais pas prête à ça. Je les détestais pour ce qu’ils m’avaient fait et pour les conséquences que cela avaient eues sur ma vie, mais elle a prié pour moi en suppliant Jésus de me libérer de ce fardeau.

Petit à petit, le pardon est entré dans mon cœur et j’ai finalement ressenti que la haine et l’amertume s’en allait tranquillement. Je sentais que j’avançais dans ma relation avec Dieu, mais je me sentais aussi tirailler à cause de mon ancienne vie.

Un jour j’ai reçu un appel comme quoi on avait consolidé mon dossier, me disant que j’étais apte à aller travailler et qu’on allait couper mes revenus. Je me suis sentie très mal. J’étais désespérée et les idées suicidaires sont tout de suite revenues dans la tête. Je ne pouvais pas retourner travailler dans cet état! J’ai alors pris des médicaments ce jour là pour ne plus penser à rien. Tout ce que je voulais c’était mourir. C’était presqu’impossible  pour moi de m’en sortir. Tout était contre moi. Mon travail, la cour qui était toujours reportée et l’IVAC (Indemnisation pour les victimes d’actes criminels) qui ne m’aiderait plus.

Cette journée-là, alors que j’étais dans un très mauvais état à cause de l’abus des médicaments, j’ai reçu un appel de Patricia, la femme de mon pasteur David, qui m’invitait à une retraite pour les femmes. J’ai pensé que c’était peut-être Dieu qui me parlait. J’ai accepté d’y aller sans promettre que je pourrais rester toute une fin de semaine à cause des mes crises d’angoisse et de paniques, mais elle a dit que c’était correct. J’y suis donc allée et j’ai eu un bon temps avec ces femmes. Le thème de cette retraite était : Là où est ton trésor là aussi sera ton cœur. J’ai fait une prière cette fin de semaine-là, celle de prier Dieu tous les jours pendant une semaine afin de voir ce qui allait se passer dans ma vie. J’ai tenu ma promesse et depuis, je n’ai jamais cessé de prier! J’ai vu Dieu agir dans ma vie et là j’ai cru qu’Il existait pour vrai. C’était au mois de mai 2008.

À partir de ce moment-là, je me suis jointe à un groupe maison, chez Anne. J’ai été accueilli par tout le monde. J’ai parlé de ce que j’ai vécu, je pouvais être qui j’étais, sans masque et sans façade. J’avais enfin des gens qui comprenaient ce que je vivais et ils étaient là pour m’écouter, pleurer et prier avec moi. J’ai pu apprendre à connaître Dieu davantage. Je pouvais poser toutes les questions que je voulais sur la Bible et sur Dieu.

Je me suis fait baptiser au mois d’août 2008 et j’ai donné ma vie à Dieu. Je voyais ce qu’il faisait dans ma vie et mon plus grand désir était de le servir. En septembre 2009, j’ai commencé un baccalauréat en théologie à ETEM-IBVIE. 

Peu de temps après, j’ai rencontré Peter à l’Intersection et nous nous sommes mariés en octobre 2011. Dieu nous aide en tant que couple à se tourner vers lui et à le servir. Nous avons depuis deux ans un groupe maison où nous accueillons à notre tour les gens.

J’ai aussi eu un emploi à ÉTEM-IBVIE en 2011, au début c’était comme réceptionniste, mais aujourd’hui, je suis devenue conseillère en admission et inscriptions. Je travaille 24 heures par semaine en plus d’étudier à temps partiel.

Dans mon église maintenant, je fais partie de l’équipe de leadership. Je crois que Dieu a un plan pour ma vie, un plan que j’ignorais complètement. Une chose que je sais réellement, c’est que Dieu m’a sauvé la vie et que j’ai été réconcilié avec lui, par son amour qu’il a eu pour moi. 

Gloire à ton nom Seigneur Jésus

Amen

 

L'Intersection
ÉVÉNEMENTS À VENIR
FAIRE UN DON
Facebook